Audioprothèse : Prise en charge, un plus pour la Sécu

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D’après une étude réalisée par deux économistes du CNAM, Conservatoire National des Arts et Métiers, commanditée par le syndicat national des audioprothésistes (UNSAF), si l’Assurance Maladie remboursait les audioprothèses à hauteur de 100%, elle réaliserait des économies. Cette synthèse rendue publique à l’occasion du 38ème congrès des audioprothésistes et réalisée par Laurence Hartmann et Jean de Kervasdoué nous montre un certain paradoxe entre le reste à charge très important alors que la fourchette de prix moyenne est assez basse lorsqu’on regarde les tarifs du reste de l’Europe.

 

La prise en charge actuelle est minime

En 1986, la Sécurité Sociale n’intervenait qu’à hauteur de 6 à 9% du financement des audioprothèses. Une somme déjà dérisoire à l’époque ou les équipements étaient nettement moins développés.

Aujourd’hui, le prix est nettement plus élevé et pourtant les aides de l’Assurance Maladie n’ont pas augmenté en conséquence. En effet, la prise en charge ne s’élève qu’à 127 euros par oreille alors que le prix moyen de l’appareillage est de 1 550 euros par oreille.

Les complémentaires santé aussi ne jouent pas tellement le jeu puisqu’elles remboursent en général 400 euros par appareil. En moyenne, le reste à charge est donc de plus de 1000 euros pour une personne.

Si l’on regarde les autres pays européens, la prise en charge est nettement plus élevée avec une moyenne de 600 euros par appareil pour la Suisse et l’Italie ou 840 euros pour l’Allemagne.

 

Les seniors particulièrement touchés

Schéma de décomposition du prix d'une prothèse

Du fait de ces prix trop élevés, seulement un quart des personnes malentendantes sont équipées d’appareils auditifs en France. Cela représente 1,5 millions de personnes appareillées pour 6 millions de personnes qui en auraient besoin. Les seniors sont les principaux concernés mais ils ne sont pas pour autant mieux équipés alors qu’ils payent plus cher leur cotisation de complémentaire santé.

Les audioprothèses ont pourtant un coût « moindre » pour la Sécurité Sociale car cela ne représente que 120 millions d’euros par an contre trente fois plus pour les soins dentaires.

De plus, la perte d’audition provoque l’isolement de la personne qui fait souvent suite à des dépressions, des chutes et aggrave le développement de la maladie d’Alzheimer… autant de problèmes qui coûtent cher à la Sécurité Sociale et qui pourrait donc réduire ses coûts tout en rendant une qualité de vie meilleure à beaucoup de seniors.

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