Retraite complémentaire : les changements dus à la réforme

Un seniors qui travaille dans la menuiserie

L’accord du 30 octobre 2015

Après plusieurs mois de négociations très dures, le gouvernement, les syndicats et le patronat ont réussi à trouver un accord le 30 octobre dernier concernant la réforme des retraites ainsi que pour la sauvegarde des régimes de la retraite complémentaire.

En effet, l’AGIRC (caisse de retraite complémentaire des cadres) et l’ARRCO (caisse de retraite complémentaire des salariés) étaient menacées de faillite avec un déficit de près de deux milliards d’euros pour le premier et d’un milliard d’euros pour le second. Il était donc impératif d’entreprendre une nouvelle réforme pour sauver ces organismes car leurs réserves auraient été épuisées dès 2018 pour l’AGIRC et en 2025 pour l’ARRCO.

Cette faillite annoncée avait plusieurs causes. Tout d’abord, l’arrivée massive à la retraite des « papy-boomers », cette génération de « baby-boomers » née après la seconde guerre mondiale est maintenant entrée dans l’âge de la retraite depuis quelques années. La deuxième cause est la hausse du chômage car elle entraîne forcément une baisse des cotisations. On peut ajouter à cela, la crise économique qui n’a pas permis d’améliorer la situation.

Nous ne savons pas si le régime des retraites sera sauvé grâce à cette réforme mais les prévisions indiquent que les organismes vont réaliser près de six milliards d’euros d’économies d’ici à 2020.

 

Les changements qu’apporte la nouvelle réforme

De multiples points ont été abordés durant ces négociations pour aboutir à de nombreuses mesures qui vont être mises en place prochainement. En revanche, certaines mesures n’ont pas encore étaient adaptées comme l’âge légal de départ à la retraite qui reste fixé à 62 ans pour les assurés nés en 1955 et après (61 ans et 7 mois pour ceux nés avant).

Notre rédaction a sélectionné pour vous 3 mesures importantes à retenir de cette nouvelle réforme :

  • Le gel des retraites : Jusqu’à aujourd’hui, les retraites étaient revalorisées chaque année en fonction de l’inflation. Ceci est fini, du moins pendant trois ans. En effet, les retraites suivront l’inflation, moins un point, ce qui équivaut à un quasi gel de celles-ci. Une clause plancher est tout de même prévue avec une interdiction de diminuer les retraites en cas de hausse des prix inférieures à un point.
  • L’augmentation du prix d’achat du point : Le point est aussi appelé salaire de référence pour la retraite. Ces points sont cumulés tout au long de votre carrière professionnelle et peu importe vos changements de situation. Ils permettent d’acquérir une certaine cagnotte qui vous sera ensuite reversée lors de votre retraite. Avec cette nouvelle formule, pour une certaine somme cotisée vous obtiendrez moins que ce que vous obteniez avant. Par exemple : aujourd’hui pour 100 euros de cotisations vous acquérez 6,56 euros alors que d’ici 2018 ce sera autour de 6 euros.
  • La retraite à la carte : Un système de « bonus-malus » va être mit en place à partir de 2019, il incite à partir à la retraite après l’âge légal (62 ans). En effet, les départs à la retraite ne dépendront plus seulement de votre âge mais aussi de la durée de votre cotisation. Explications : Pour un départ à 62 ans et ce mal gré une cotisation à taux plein vous vous verrez appliqué un malus de 10% pendant 3 ans sur votre retraite complémentaire. Pour le même cas, mais avec un départ à 63 ans votre retraite complémentaire vous sera versée intégralement. En revanche, si vous différez votre départ à 63, 64, 65 ans (ou plus), vous aurez droit à une majoration de 10, 20 ou même 30% sur votre retraite complémentaire et ce pendant un an. Une des solutions pour éviter le malus résidera dans le fait de racheter des trimestres.

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