La bientraitance des personnes âgées

Dans les établissements d’accueils pour personnes âgées, la maltraitance est souvent dénoncée comme l’un des problèmes majeurs du secteur. La lutte s’intensifie.

Programme de lutte contre la maltraitance des seniors en Charente

Le conseil général de Charente lance un centre d’écoute pour assister les personnes âgées ou dépendantes en cas de maltraitance.

Depuis de nombreuses années, l’actualité des Ehpads et autres établissements accueillant des personnes âgées ou dépendantes est bouleversée par les cas de maltraitances. Nous avons déjà évoqués dans nos lignes les raisons à cela. Rappelons-en la principale, le cruel manque de personnel dans les Ehpad qui oblige les aidants à « bâcler » les soins, faute de pouvoir faire autrement.

Signaler la maltraitance des seniors

bientraitanceLa maltraitance ou l’absence de soins ne s’évoque pas, on préfère la cacher, et malgré les nombreux cas traités dans les médias, la réaction du public est souvent inexistante. Un numéro national existe pourtant, pour dénoncer cette maltraitance, le 39 77. En 2012, 89 signalements de mauvais traitements psychologiques, financiers ou physiques ; plus de 145 en 2014.

Cependant, nous nous posons la question de l’origine de cette augmentation. La situation s’est-elle aggravée ? Ou est-ce du aux victimes qui ont moins peur de parler de cette maltraitance ?

Une cellule d’écoute pour lutter contre la maltraitance

En Charente, le Conseil Général lance une cellule spéciale, en plus du numéro national. A destination des personnes âgées et dépendantes en situation de maltraitance, le centre d’appel a pour objectifs d’écouter les plaignants puis les orienter vers les autorités compétentes.

D’après les deux employés de la cellule, ce sont rarement les personnes victimes qui appellent d’elle-même. La honte ou la peur fait souvent taire les personnes maltraitées. Il s’agit donc généralement de voisins, membres de la famille ou parfois même des appels anonymes.

Anne Cardinal, responsable du service Coordination et signalements du Conseil Général évoque également les cas de maires ne savant quoi faire face à des personnes couvertes d’hématomes. La cellule d’appel travaille en collaboration avec les principaux concernés, infirmiers, médecins et aides à domicile, afin d’évaluer la situation. Lorsque des faits sont avérés, ils peuvent rapidement alerter les services de police ou de gendarmerie.

 La maltraitance des seniors n’est pas que physique

bientraitance personnes âgées Souvent associée à des hématomes couvrant le visage et le corps de la victime, la maltraitance est souvent méconnue du public. En effet, il est heureusement très rare que des coups soit portés sur une personne âgée ou dépendante. Par contre, ce qui est tout autant malheureux, c’est la maltraitance passive ou psychologique.

Le manque de personnel résulte en absence de soins, négligence, paroles peu respectueuses voire dures… Des mauvais traitements difficiles à détecter. Les signes sont rares et dur à évaluer, puis à prendre en charge. Martine Mikolajczak, directrice des soins à Girac, évoque des cas où la famille rends visite aux seniors pour récupérer « l’argent de poche ». La personne âgée, consciente de cela, accepte malgré tout la situation car c’est le seul moyen pour elle de conserver un contact avec ses proches.

Favoriser la bientraitance

Depuis 2008, les Ehpads bénéficient de jours de formations à la bientraitance, organisés par les ARS, Agences Régionales de Santé. En effet, face à ce constat de maltraitance, le manque de personnel implique une fatigue important pour les aidants, et la formation doit aidé à sensibiliser pour faire disparaître ces mauvais traitements.

L’objectif de ces formations est d’analyser le comportement de ses collègues afin de les aider à prendre du recul sur ce qu’ils font et comment ils le font : choix des mots, gestes… Sensibiliser aux bons comportements à adopter, parler et inciter les autres à s’améliorer. Garder le silence, c’est se rendre complice des mauvais traitements infligés par ses collègues. De part la fatigue et le stress liée à ce métier, tous peuvent un jour basculer vers la maltraitance. Les journées de formations ne sont pas là pour dénoncer, mais prévenir ce genre de comportement avant qu’ils surviennent.

Aider les proches en les soulageant

Signe de la propagation des bonnes pratiques, les soins se personnalisent de plus en plus. Les douches ne sont plus obligatoires, le soignant s’adapte à la volonté du soigné : douche, bain, toilette au lavabo… Par exemple, si un senior refuse de se nourrir, les aidants n’ont pas à le forcer, quand même il met sa santé en danger. Cela serait vécu comme une forme d’acharnement.

bientraitance seniorsLes plus sensibles à cette fatigue sont très certainement les proches aidants à domicile, qui ne sont généralement pas suffisamment formés. La prévention doit donc se tourner principalement vers ces aidants. Il existe cependant  des solutions pour soulager les familles, comme les places en hébergements temporaires qui permettent à ces personnes de se reposer un temps. Ces hébergements ont un rôle préventif en réduisant la fatigue, mais les places sont encore trop rares.

Dans les Ehpads, le personnel charentais est maintenant suivi et soutenu par des psychologues, cependant, ces-derniers s’occupent également des résidents, le temps alloué au personnel est parfois faible.

La cellule est joignable au 05 16 09 50 90 du lundi au vendredi de 9h à 12h. Sinon, les appels sont basculés sur le 39 77.

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