Un consensus qui peine à émerger sur la généralisation de la couverture complémentaire santé collective

Les mutuelles ne sont pas unanimes – c’est peu de le dire – pour ce qui est de l’extension de la couverture complémentaire santé des salariés.

Un dossier complexe

Difficile sans doute pour le commun des mortels de décrypter les tenants aboutissants de ce dossier tant il est complexe, tant certains enjeux en sont masqués, les intérêts divers, et surtout tant le diable se plait à se cacher dans les détails c’est bien connu surtout pour des questions ayant une telle “charge démagogique”.  Ainsi la Fédération des mutuelles de France (FMF) s’est doute démarquée de la tonalité ambiante portant quelque peu à une euphorie pas toujours très éclairée, en remettant quelques pendules à l’heure et en resituant quelques enjeux.

La FMF a en effet rappelé que pour sympathique et généreuse  que soit en apparence le projet d’accord qui mènera à la généralisation de la couverture collective ; l’extension de la couverture ne doit pas se faire “au détriment de la Sécurité sociale et du reste de la population”.

La complémentaire santé universelle mais à quel prix?

D’après la FMF, la mise en place des contrats collectifs aurait en effet participé au recul de la prise en charge de l’assurance maladie, et continuer dans le même sens ne pourrait à son sens qu’accentuer ce qui ressemble de plus en plus de facto à une privatisation de la  couverture maladie obligatoire. La FMF si elle ne s’inscrit pas en faux contre le principe d’une aide publique à la généralisation de la complémentaire santé universelle, souhaiterait en effet que la solution retenue prenne plutôt la forme d’un fond de mutualisation qui soit au bénéfice non pas seulement des salariés mais aussi des chômeurs, retraités, fonctionnaires et étudiants.

Difficile de comprendre en effet toujours selon le point de vue de la FMF que les catégories précitées soient exclus du dispositif, alors que dans les même temps, une grande partie des 4,3 milliards d’euros affectés au dispositif diminuera de facto le montant des ressources de la sécurité sociale.

Des gagnants et des perdants

La FMF est adhérente de la Mutualité Française et représente 88 mutuelles santé. Il n’est pas non plus inutile de rappeler que les petites mutuelles un peu trop spécialisée dans la complémentaire santé individuelle vont sans aucun doute souffrir de cette réforme, de même que les courtiers spécialisés dans la complémentaire santé individuelle, ou les agents d’assurance, dont certains ne cachent pas qu’ils vont être obligés de licencier pour s’adapter à la nouvelle donne.

D’autres voix s’élèvent pour dénoncer certaines contradictions du texte, notamment le cas des salariés qui vont se trouver obligés de fait de souscrire une mutuelle santé d’entreprise alors qu’il peuvent bénéficier de celle de leur conjoint.

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